On entend souvent que la communication animale sert à mettre du sens dans la relation humain-animal. Mais de quoi parle-t-on concrètement ?
C’est une question qui fait souvent débat, même parmi les praticiens, et en général, dans le milieu du développement personnel. Comment mettre du sens dans des situations parfois dramatiques qui n’ont, justement, aucun sens ?
À l’heure où j’écris cet article, j’ai une jeune expérience de la communication animale et je continue toujours à apprendre ce que cette pratique a à nous offrir.
Ce que j’ai appris au fil des séances n’est pas facile à accepter : nous sommes toujours capables de créer du sens dans ce qu’on traverse avec notre animal.
Comment je comprenais le sens de la communication animale avant
Lorsque j’ai entendu parler de la communication animale, je l’envisageais comme la solution de dernier recours aux problèmes de comportement de ma chienne, je vous en parlais dans cet article.
Et j’avoue que parfois, je continue à avoir, malgré moi, ces espoirs.
En tant que communicatrice, j’ai naturellement envie d’aider le duo humain-animal. Je vous bassine avec « ça ne sert pas à réparer la situation d’un coup de baguette magique », n’empêche qu’au fond de moi, j’ai quand même envie que votre situation s’apaise le plus vite possible.
Ce que j’ai appris en séance
Seulement, au fil des séances, j’ai appris une chose essentielle : cette pratique nous invite en premier à mettre du sens sur n’importe quelle situation traversée.
Ça veut dire quoi ?
En séance, on peut d’abord comprendre l’origine d’un comportement ou d’une maladie. L’animal peut ensuite nous donner des pistes pour appréhender pourquoi nous vivons avec un être qui rencontre tel problème (santé, comportement).
Mais c’est à nous de trouver du sens à cette situation pour la traverser.
D’ailleurs, il ne s’agit pas vraiment de trouver du sens. Il s’agit de le créer. Pour soi-même. Pour son animal. Et pour notre relation ensemble.

Mettre du sens : de quoi parle-t-on vraiment ?
Je sais, ça peut choquer. Pendant longtemps, dans le développement personnel et spirituel, on a entendu des discours qui nous disaient que « tout a un sens ». Plus récemment, c’est la tendance opposée : parfois, rien n’a de sens. On vit un drame et quel sens est-on supposé y trouver ? Aucun. Un drame est un drame.
Et c’est une réflexion très juste. Mais elle n’enlève pas la question du sens pour autant.
Avant de continuer, je crois qu’il est important de se mettre d’accord sur ce que mettre du sens n’est pas.
Mettre du sens, ce n’est pas :
- se réjouir d’une situation
- penser qu’on l’a méritée ou provoquée (par nos émotions, nos blocages, notre karma)
- considérer que c’est une épreuve envoyée par l’univers et donc que c’est pour notre plus grand bien
Mais alors, c’est quoi ?
Mettre du sens, concrètement
En séance de communication animale, je suis toujours impressionnée de voir comment les animaux nous aident à cheminer sur la question du sens. Voici ce que j’ai compris au fil des séances. Pour que ce soit plus concret, je vous donne des exemples tirés de mes propres apprentissages avec Kiwi (afin de garder un maximum l’anonymat des personnes qui me font confiance).
1. Mettre du sens, c’est d’abord reconnaître ce qui est
Il est intéressant de prendre un instant pour se poser la question suivante : dans quelle situation je me trouve avec mon animal ?
Ça parait évident et pourtant c’est plus difficile qu’il n’y paraît. Car lorsqu’un événement ou un drame arrive, on endosse souvent l’un de ces deux rôles :
- on se bat contre ce qui arrive, ou
- on se morfond de ce qui arrive.
Quand Kiwi a commencé à réagir à ses congénères, mon premier réflexe a été de me documenter et me former pour corriger ce problème et qu’il disparaisse.
Je n’avais même pas pris le temps de voir la vérité en face : je vivais avec une chienne réactive. Parce que c’était insupportable et inacceptable pour moi. Pourtant, c’était Kiwi. Ou du moins, un aspect de son tempérament.
Et dans sa toute première séance de communication animale, c’est ce qu’elle a dit : c’est ainsi que je suis.
Au lieu d’être dans la projection d’un meilleur futur ou dans le désespoir d’un présent qui n’est pas, nos animaux nous rappellent qu’il est d’abord essentiel de reconnaître la situation pour ce qu’elle est.

2. Mettre du sens, c’est se questionner sur soi
Une fois que j’ai reconnu la situation, je peux apprendre à l’accepter. Accepter ne veut pas dire s’en réjouir. L’acceptation nous invite plutôt à nous demander : « Puisque cette situation existe, comment je peux mieux vivre avec ? »
Ici, on ne cherche pas à changer la situation. On cherche d’abord à s’apaiser, tout simplement parce qu’il est possible que la situation ne change jamais. Un chat handicapé après avoir été percuté par une voiture ne retrouvera jamais l’usage de ses jambes. Alors autant trouver comment faire la paix avec une réalité douloureuse.
C’est justement en se posant cette question que le changement intervient. Pourquoi ? Parce qu’on fait rarement la paix avec une réalité douloureuse. Soit on la subit, soit on la combat. Faire la paix, ça demande un ajustement : faire coexister deux sentiments opposés : l’angoisse et l’apaisement, la peur et le calme.
C’est en faisant coexister les deux ensemble qu’on crée de l’espace pour trouver une solution.
Avec Kiwi, je suis passée de « J’évite toute interaction car j’ai trop peur » à : « Je sais que cette interaction va me faire peur. » Et rien que de le reconnaître, je me sens à nouveau en contrôle. Je ne peux pas ne pas avoir peur. Mais je peux quand même agir malgré cette peur.
3. Mettre du sens, c’est savoir comment on peut agir ou ne pas agir

Il est plus facile de créer du sens lorsque notre esprit est apaisé.
Maintenant que j’ai reconnu et accepté la situation et ce qu’elle provoque en moi, je peux me demander : qu’est-ce que je peux faire ? Mais aussi : sur quoi je dois lâcher prise ?
En séance, les animaux nous indiquent bien souvent comment ils ont besoin qu’on se positionne face à ce qu’ils traversent et face à ce que ça provoque chez nous. Dans certains cas compliqués qui viennent faire écho à notre propre histoire, c’est un travail de longue haleine. Mais quand on y met du sens, on sait qu’on ne fait pas ces efforts pour rien.
Avec Kiwi, j’ai appris que la réactivité faisait partie de son tempérament. Et que si je voulais accepter ma chienne pour ce qu’elle était, je devais accepter que j’aurais parfois peur.
Mais j’ai aussi pris en compte tous ses conseils au fil de nos séances de communication animale. Kiwi m’a appris à agir malgré la peur. Et c’est comme cela qu’on est arrivées à s’apaiser toutes les deux dans des interactions qui nous faisaient peur autrefois.
Les animaux nous enseignent souvent ce paradoxe : lâcher-prise sur une situation en même temps que retrouver notre pouvoir d’agir.

Une communication animale ne mettra pas obligatoirement du sens sur ce qu’on vit avec notre animal. C’est notre cheminement après la réception des messages qui va souvent nous permettre de créer ce sens.
Ce sens est vivant : il change au gré de notre propre évolution. Il nous aide à grandir, à dépasser un schéma ou un blocage. Et surtout, il nous permet de faire rayonner encore plus fort notre lien déjà profond avec notre animal.

