Ce n’est pas une expérience facile à raconter. Et pourtant, c’est là que tout a commencé. Qu’est-ce qui vous a amené·e à la communication animale ? Mieux comprendre votre compagnon ? L’accompagner dans un changement de vie ? Pour moi, c’était le désespoir.Aujourd’hui, pour inaugurer ce blog, je vous partage mon témoignage : pourquoi j’ai fait appel à la communication animale alors que je n’en avais jamais entendu parler auparavant ?
Pourquoi Kiwi et pas un autre chien ?
J’ai adopté ma chienne Kiwi un peu avant mes 30 ans. Je voulais absolument un chien de refuge. Après tout, j’avais grandi entourée d’animaux, pour la plupart sortis de la rue ou de la SPA. Je me disais que ce serait comme dans mon enfance : facile.
Kiwi était pleine d’énergie et toute maigrichonne quand je l’ai trouvée dans un refuge en Allemagne. Elle correspondait à tous les critères que je recherchais : une chienne jeune, au poil court, de grande taille.Et c’est tout ! J’avoue que j’ai un peu honte en y repensant. Et pourtant, ce sont ces trois maigres critères qui ont fait que ce serait elle, et pas un autre chien.
Ce qu’on m’a dit ce jour-là m’est resté. À tout juste deux ans, Kiwi avait été abandonnée plusieurs fois. Battue. Elle avait fini par mordre. Depuis plus d’un an, elle attendait sa nouvelle famille ici, dans son box. La rééducation comportementale serait cruciale pour l’apaiser et lui redonner confiance en l’humain. Je n’ai pas hésité une seconde ! J’ai adopté Kiwi et tout a commencé comme dans un conte de fées.
Une relation pas comme les autres
Kiwi, c’était mon rêve de gosse devenu réalité. Oui elle était craintive, mais elle était si gentille et sociable avec les chiens et les chats. Et grâce aux cours d’éducation canine, elle faisait des progrès chaque jour avec les humains.
Dès notre premier jour ensemble, quelque chose m’a immédiatement frappée : notre lien.Jamais je n’avais ressenti une telle profondeur dans la relation à un animal. Nous n’étions pas très proches physiquement, car elle avait encore des difficultés avec la proximité. Mais tout se passait dans le regard. Il suffisait que nos yeux se croisent pour que je ressente, au plus profond de moi, que quelque chose se jouait entre nous. Je ne savais pas trop quoi, mais c’était bien là.
Ça a duré comme ça quelques mois. Et puis les choses se sont dégradées.

Le poids du regard des autres
Une grande partie de mon entourage semblait attendre quelque chose de plus… de moi, de ma relation avec Kiwi.Je ne suis pas du genre à exhiber mes sentiments. Et on me l’a reproché à coup de « Tu es froide avec ta chienne », « Tu ne lui montres pas ton amour ». À l’époque, j’aurais aimé avoir suffisamment de confiance en moi pour répondre « De quoi je me mêle ? », sauf que, de la confiance, j’en avais très peu.
Même l’éducateur canin était désemparé de me voir si peu démonstrative avec Kiwi. Alors pour être la “bonne élève” et prouver à tout le monde que, oui, j’aimais ma chienne, j’ai changé mon comportement. Je suis devenue collante, envahissante. Et je me suis mise à considérer ma chienne comme une enfant.
Kiwi est devenue un petit chien de cirque. J’étais fière de montrer tous ses tours et tricks à qui voulait bien les voir.L’avantage : désormais, plus personne ne doutait de mon amour pour elle. Le problème : je sentais bien que tout cela n’était pas juste. Mais à cette époque, j’étais complètement déconnectée de mes ressentis.
C’est précisément à ce moment-là que Kiwi est intervenue.Mais à sa manière : avec force et en me poussant dans mes retranchements.
Quand tout s’effondre
Un an après son adoption, alors que j’avais complètement automatisé mes nouveaux comportements avec elle, Kiwi aussi s’est mise à changer de comportement.La crainte est revenue. Et avec elle, l’agressivité.Elle a mordu chiens et humains. C’est étrange d’en parler si ouvertement aujourd’hui, car à l’époque, j’avais tellement honte que je le cachais à mes proches.
Vous imaginez la suite : retour chez l’éducateur canin… ou plutôt les éducateurs canins, car j’en ai vu plusieurs. Lectures de livres, d’articles spécialisés, formations en ligne. J’ai enchaîné toutes les méthodes qui pourraient nous aider. Il y avait du mieux, oui, beaucoup même. Mais Kiwi continuait à agresser au moins une fois par an.

J’ai finalement décidé de me former moi-même au comportementalisme canin. Ça a été transformateur !J’ai appris à lire Kiwi et à anticiper ses réactions. Petit à petit, je gérais mieux les situations à risque, croyant avoir trouvé la solution à tous nos problèmes.
Pourtant, même si j’avais l’impression de mieux comprendre ma chienne, quelque chose n’allait toujours pas. Je voyais bien dans son regard qu’elle était là pour autre chose qu’être la chienne parfaite. Qu’elle adorait les tours, mais qu’elle n’était pas venue dans ma vie que pour cela.
Et puis, comme tout n’était pas réglé, les remarques continuaient « Cette chienne n’est pas faite pour toi », « Tu l’as rends malheureuse », « Tu devrais t’en séparer. » Des remarques désobligeantes et blessantes, j’en ai encaissées à la pelle. Je crois que toute personne qui partage la vie d’un animal au comportement compliqué saura de quoi je parle. Et quand on a déjà peu confiance en soi, c’est la descente assurée vers le découragement total.
Se reconstruire, loin des regards
Je suis restée des années dans cette impasse, pleine de honte, où tout venait remuer en moi des choses compliquées.J’ai toujours voulu bien faire, être la bonne élève, être validée. Et voilà que je me retrouvais avec une chienne qui nous faisait passer pour les cancres du parc.
Je m’interdisais carrément d’aller dans les jardins. Pendant des années, nous nous sommes promenées exclusivement dans des forêts où on ne croisait personne. Au moins, au fond des bois, nous pouvions être nous-mêmes, sans être jugées par qui que ce soit, et notre relation se réparait le temps d’une promenade. J’ai conscience que nous isoler n’arrangeait pas les problèmes de Kiwi.Mais j’étais fatiguée, à bout de solutions, et j’avais trop honte.
Un espoir inattendu
C’est dans cette charmante atmosphère de désespoir que je suis tombée, un peu par hasard, sur un post Instagram. Il parlait de communication animale. À vrai dire, je n’en avais jamais entendu parler, et je ne savais ni ce que c’était ni en quoi cela consistait. Je me suis dit : c’est peut-être ma dernière chance.
Après tout, j’avais tout essayé… sauf une chose : laisser à Kiwi l’opportunité de s’exprimer. Lui donner enfin une chance de raconter comment elle vivait tout cela.
Je n’en attendais pas grand-chose. Je me suis simplement dit : c’est la dernière chose que je tente.
Ce que m’a révélé la communication animale
Je vais être absolument sincère avec vous : Kiwi n’a pas changé de comportement du jour au lendemain. En revanche, ce que j’ai reçu ce jour-là est allé au-delà de ce que j’aurais pu imaginer.
Non seulement, Kiwi a pu s’exprimer sur ses comportements, mais elle m’a aussi ouvert les yeux.J’ai compris à quel point elle venait mettre en lumière des parts de moi que j’avais enfouies et que j’avais besoin d’extérioriser. Le temps d’une communication, elle m’a montré toute la force de l’effet miroir entre elle et moi.
J’ai compris que j’avais de la colère refoulée. De la crainte qui crevait les yeux, mais dont je n’avais pas conscience. J’ai compris à quel point nos histoires se faisaient écho, et que, par son comportement, elle voulait m’aider.M’aider à m’affirmer dans la vie, à me faire respecter, à me faire confiance.

Elle était venue me pousser dans mes retranchements, me confronter à mes plus grandes peurs et hontes. Pour que j’arrête de chercher la validation extérieure. Pour que je retourne en moi, vraiment, et que je retrouve la vraie Astrid. Pas celle qui enfile le masque de la bonne élève en espérant qu’on la récompense comme un chien de cirque. Je vois bien, aujourd’hui, que ce jeu de façade ne collait ni à elle, ni à moi.
Surtout, j’ai compris la profondeur du lien qui nous unissait.Ce lien que j’avais ressenti dès le début de notre relation, mais que j’avais enfoui sous des couches de convenances, dans l’espoir de satisfaire tout le monde. Elle me le mettait là, sous le nez. Oui nous avions un lien unique. Un lien très fort.Et il était temps qu’on ose le vivre pleinement, au lieu de chercher à se fondre dans un moule.
Revenir à l’essentiel : nous
Cette séance a marqué le début d’une profonde remise en question dans ma relation avec Kiwi. J’ai mis des années à me défaire des automatismes et conditionnements que j’avais construits autour d’elle. Les habitudes étaient trop ancrées. J’avais oublié ce que c’était que d’être simplement moi. Mais les animaux ont ce don de vous ramener à votre authenticité, quoi qu’il en coûte. Et petit à petit, au fil des années, j’ai réussi à changer. Et Kiwi aussi.
La communication animale ne fait pas de miracle là où on pourrait l’attendre : un·e praticien·ne n’a pas de baguette magique pour faire disparaitre un problème. Pourtant, le miracle s’opère quand même. À un autre niveau. Il s’opère au plus profond de nous. Au plus profond de l’humain et de l’animal. Cette séance a semé des graines, et il m’a fallu du temps, et d’autres séances, pour les arroser et les voir éclore.
La communication animale nous a changées, Kiwi et moi, pour toujours. Est-ce qu’elle a encore des comportements difficiles ? Parfois. Mais vous savez quoi ? Ça ne vient plus remuer en moi des questionnements douloureux. Et je n’ai plus honte de la promener au parc, en bas de chez moi.
Parce que Kiwi m’a transmis des clefs pour que nous retrouvions l’apaisement, en respectant notre rythme et nos personnalités au lieu de recettes toutes faites. Au fil des séances, on a appris à se refaire confiance.
Mais surtout, la communication animale a renforcé notre lien. J’ai toujours eu l’intuition que nous étions liées, et j’ai enfin compris à quel point. J’ai compris pourquoi cette chienne, et pas une autre, est entrée dans ma vie. Cette chienne dont les seuls critères de sélection avaient été : jeune, au poil court et de grande taille.

N’attendez pas d’être au pied du mur
Aujourd’hui, quand je regarde notre relation, je vois bien que quelque chose s’est transformé. Pas du jour au lendemain, mais de façon durable. En respectant qui nous sommes, au plus profond de nous, notre être, notre lien et notre amour. Et ce chemin, malgré toutes ses embûches, je ne l’échangerais pour rien au monde.
S’il y avait une seule chose que je changerais dans mon histoire avec Kiwi, ce serait d’avoir intégré la communication animale bien plus tôt dans notre relation. Pour prendre en compte son être, son histoire, son ressenti.
Mais je ne connaissais pas la communication animale. Il a fallu que je sois au pied du mur pour que ce chemin s’ouvre à moi.
C’est pour ça que j’écris ce blog. Pour faire connaitre la communication animale. Je vous partage mon témoignage pour que vous n’attendiez pas d’être, vous aussi, au pied du mur. Et pour vous encourager à donner une chance à votre compagnon de s’exprimer. Parce que chaque animal a une histoire à raconter, et qu’il est temps de l’écouter.
Si ce que vous venez de lire résonne en vous, ou si vous souhaitez en savoir plus sur la communication animale, je serais heureuse d’échanger avec vous. Chaque lien avec un animal est unique, et parfois, quelques mots partagés peuvent tout changer.


